Portraits de jeunes en SCV

Ici vous retrouverez tous les témoignages des jeunes en service civique volontaire.
Photo d'Aurélie

La princesse du volontariat

Il était une fois une jeune volontaire nommée Aurélie…Native de notre magnifique cité phocéenne, elle est très vite inspirée par les discussions animées du vieux port.

Apres avoir validé son BTS communication elle décide d’abandonner sa ville de cœur pour celle de Lyon.
« Elle est fadade la petite ! » Me direz-vous !
« Mais non, c’est vous qui êtes gaga ! »
Car c’est dans la ville des lumières qu’elle brille une nouvelle fois par l’obtention de sa licence en communication.

Mais notre princesse des temps modernes veut acquérir son indépendance.
Et pour cela Aurélie est prête à tous les sacrifices…Elle décide de s’exiler durant deux longs mois dans le grand nord pour y rencontrer Mickey.
Quoi de mieux que des oreilles-de-souris pour débuter dans la vie active ?

Cette expérience lui permet de découvrir la mixité et les nombreuses problématiques liées à celle-ci. Comment se faire comprendre, comment éviter les quiproquos… Autant de questions qui ont su éveiller sa curiosité.

C’est encore plus complexe que le crapaud qui se transforme en prince !

Après cette magnifique aventure elle continue ses études et obtient son master en communication culturelle. L’appel du sud étant plus fort que tout, elle décide de revenir parmi les siens. Un beau jour, sa radio « magique » lui diffuse une offre intéressante ventant les mérites du service civique. Ni une ni deux, elle se renseigne et découvre que l’association « Une Terre Culturelle » recherche une volontaire pour s’occuper de la communication.

Tel un conte de fées, elle signe un contrat d’engagement d’une durée de 10 mois, c’est encore mieux que le monde merveilleux de Disney !

S’en suit des rencontres interculturelles pleines de surprises, sur son tapis volant, elle découvre Francfort et ses groupes de volontaires ultras motivés. Puis, elle se dirige vers l’Espagne et atterrit à Grenade où, telle une lampe magique, elle eut une illumination : « L’Espagne sera ma prochaine destination !  »

C’est donc décidé, Aurélie va vivre de nouvelles histoires féeriques en Espagne grâce au service civique Européen !

« Elle voyagea heureuse dans le monde entier et fit de nombreuses rencontres… »

Interview réalisée par Blandine Simo

Photo d'Oran

Une oranaise à Marseille

Avant d’atterrir dans la fine équipe d’Une Terre Culturelle, la pétillante Meriem a grandi à St Etienne et a débuté des études d’anthropologie à Lyon. A partir du Master, il fallait se décider entre Paris ou Aix-en-Provence, et le soleil du sud eu un sacré poids dans la balance (le programme universitaire aussi, bien sûr…)

La belle de Rhône Alpes a donc déposé bagages dans la ville de Cézanne mais c’est pour Marseille que son cœur s’est emballé. Comme on se laisse emporter par un regard ténébreux et un sourire malin, Meriem s’est laissée séduire par le climat, les plages, les espaces naturels, la diversité culturelle… En somme des clichés et pourtant, leur efficacité n’est plus à prouver !

Cependant, avant de fouler les terres provençales, Meriem s’est enrichie de diverses expériences professionnelles.

Dès l’âge de 13 ans, elle débute le baby-sitting et découvre un plaisir à travailler avec les enfants. Elle se dirige donc naturellement vers l’animation lors de ses jobs d’été et vacances scolaires. Ainsi, durant 5 années consécutives elle travailla pour un centre aéré (St Etienne) implanté dans un quartier avec des jeunes en difficulté. A 17 ans, elle obtint son Bafa via ce centre aéré.

De plus en plus intéressée par l’anthropologie et les problématiques sociales, Meriem décide de participer à un chantier humanitaire à Pune, en Inde.

Durant 1 mois et demi, elle travailla dans des bidonvilles avec des enfants âgés de 6 mois à 14 ans. Sa mission était de leur proposer des activités, telles que l’apprentissage de chansons ou des cours d’anglais pour les plus grands. Les enfants se montrant très créatifs et dynamiques, elle pu organiser des ateliers ludiques et interculturels, comme la conception d’une frise du système solaire traduit en anglais, français et hindi. Autre exemple, elle a utilisé une map monde en associant une musique et une danse pour chaque continent, ainsi que des étiquettes écrites en hindi/anglais.

Grâce à l’association ASMAE qui organise ces chantiers créatifs, Meriem a vécu une expérience des plus enrichissantes qui restera longtemps gravée dans sa mémoire. Au cours de ses différentes péripéties, elle fit la rencontre d’un groupe d’étudiants indiens avec qui elle a gardé contact.

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Photo d'Oran

Dans le cadre des ses études, elle fit un stage au sein d’une association aidant les réfugiés politiques à s’intégrer et s’insérer administrativement. Elle réalisa une enquête ethnologique sur les barrières culturelles. Cela lui permis de développer ses compétences sur les méthodes d’anthropologie.
Elle effectua également un stage pour l’association Rencontres Tziganes. Sa mission constitua en une étude sur les différences culturelles, les difficultés de cohabitation et les solutions à apporter concernant un camps de Tziganes et de Roms proche de la gare TGV d’Aix.
Puis, en 2012, elle devint stagiaire pour l’association Santé Sidi el houari, en Algérie.
Cette association vit d’une part grâce à ses bénévoles qui construisent des projets, dans le domaine de l’environnement et de la santé, au sein du quartier Sidi el Houari.

D’autre part, une école chantier a été mise en place pour les jeunes en décrochage scolaire afin de leur apporter une formation aux métiers de l’artisanat. Dans l’objectif de renforcer ce dispositif, ils ont également crée un département d’insertion professionnelle pour aider à la recherche d’emploi au terme de la formation.
Meriem travailla avec la chef de ce département et une psychologue afin de mener une enquête ethnologique pour comprendre la situation sociale des jeunes et les aider à s’insérer en comprenant leurs attentes.

D’un point de vue personnel, ce stage représenta l’opportunité d’apprendre la langue arabe, étant d’origine algérienne c’était un apprentissage important pour elle. D’un point de vue professionnel, ce fut l’occasion de pratiquer de l’anthropologie appliquée.

En mai 2012, la chef du département d’insertion professionnelle de cette association est venue à Marseille suivre une formation organisée par Une Terre Culturelle. A cette occasion, Meriem fit la connaissance de Cassandre (vénérée coordinatrice des volontaires). De plus, une de ses colocataires à la recherche d’une mission en service civique lui fit découvrir ce dispositif.

Les ingrédients étaient là, il ne restait plus qu’à les mélanger.

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Photo d'Oran

Selon Meriem, le volontariat en service civique est une façon de poursuivre sa formation tout en se dirigeant vers une réelle activité professionnelle. Quant au choix d’UTC pour réaliser cette mission, elle se décida suite à un séminaire de rencontres interculturelles organisé par l’association. Elle apprécia leur approche de l’interculturalité et du développement local.

Jusqu’à présent ce volontariat lui a permit de compléter son approche anthropologique sur le terrain, de prendre connaissance des difficultés et des outils à mettre en place pour que cela fonctionne.

De manière générale, le service civique représente donc un bon moyen de mettre en pratique ses connaissances théoriques. Le seul bémol que la marseillaise de cœur pointe du doigt sont les indemnités peu encourageantes à se lancer dans l’aventure. Sans aides supplémentaires, les jeunes volontaires restent contraints à une situation « précaire ».

A la suite de cette mission, Meriem désire continuer à travailler dans le domaine de l’interculturalité mais sans trop s’éloigner du champs des cigales et du sel de la mer.

A long terme, elle souhaite devenir conseillère interculturelle pour des ONG. Il s’agira de réaliser des formations sur la culture du pays dans lequel les personnes engagées auprès des ONG devront se rendre.

« Il faut beaucoup de chemin pour gravir la colline des fous » – Grand mère de Marlon Brandon.

Interview réalisée par Aurélie Diego

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Photo de Cassandre

De la frite à la bouillabaisse

Au sein d’Une Terre Culturelle, il y a plusieurs figures emblématiques mais pour nous autres, les volontaires, la plus incontournable reste Cassandre. Notre référente, notre guide, notre étoile du berger sans qui nous ne serions que des brebis égarées…

Originaire de Cherbourg, notre chère normande de 27 ans a réalisé ses études aux Beaux-Arts de Caen et obtenu son DNSEP (équivalent d’un Master 2) en 2008.

Au cours de ses études, elle eu la possibilité de passer 3 mois en Serbie. Pourquoi la Serbie? Et bien par passion pour les Balkans. Et pourquoi une passion pour la Balkans? Alors là, ça se complique un peu…

La jeune Cassandre rêvait de voyages en sac à dos et il ne restait plus qu’à savoir quelles contrées inaugurer…

Après le visionnage du film No Man’s Land de Danis Tanovic, l’idée surgit : ça sera la Bosnie! Et ce fut un excellent choix puisque Cassandre tomba totalement amoureuse de ce pays. Alors, lorsque l’opportunité de suivre un trimestre d’études à l’étranger se présente, elle pense immédiatement aux Balkans, la Serbie.

Là encore, cela s’avéra un bon choix puisque c’est au cours de cette année que Cassandre rencontre son actuel mari. Depuis, elle retourne vadrouiller chaque année en Serbie : entre Belgrade et Despotovac.

Cependant, du conte de fée, la jolie normande n’a que le Prince (le principal en somme), pour le reste (château, carrosse, diadème, sous-fifres…) l’amour et l’eau fraîche ne suffisent pas.

Dès l’âge de 17 ans, Cassandre a donc enchaîné les petits boulots, du castrage de maïs dans les Landes (vive les férias) aux vendanges dans le Rhône (vive le Beaujolais). Durant 5 étés successifs, elle sera également serveuse dans une brasserie Moules Frites à Diélette (L’escale). Ce magnifique établissement typique de Normandie était situé dans une zone enviée de tous : entre la Centrale Nucléaire de Flamanville et la Cogema… Une vraie carte postale !

À noter que Cassandre est contre le nucléaire (pour ma part, apprendre qu’elle s’est nourrie pendant 5 ans de frites radioactives me permet de mieux comprendre son comportement…)

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Photo de Cassandre

Elle fut également plongeuse au restaurant universitaire de Caen puis employée polyvalente dans une sandwicherie.

Après l’obtention de son diplôme à l’école des Beaux-Arts, elle décide de venir s’installer à Marseille. Elle avait découvert la ville lors d’un jour de l’an et le fait de pouvoir se balader en débardeur au mois de janvier l’avait fortement séduite ! En 2008, elle continua donc ses études à la fac d’Aix-en-Provence (D.U de Français Langue Etrangère) et enchaîna avec deux années en tant que surveillante au collège André Chénier.
En plus du soleil et de la mer, elle apprit à apprécier la cité phocéenne pour sa diversité culturelle et son côté « déglingue' ».

Outre ses jobs alimentaires, Cassandre exploita ses capacités artistiques au cours d’un stage avec l’association Orhideja à Stolac (Bosnie), mais également en constituant le collectif « Serbigraphie » sur Marseille. Avec l’aide de son conjoint, elle ouvra un atelier au panier pendant 10 mois où 3 workshops auront lieu.

Un jour une de ses amies, installée également sur Marseille, lui conseilla de postuler à un service civique dans son association : Une Terre Culturelle.

C’est ainsi que Cassandre devint volontaire pour UTC et travailla pour la première fois dans un domaine qui l’intéressait vraiment.
Elle considère ce service civique comme un tremplin car cela laisse le temps de s’intégrer, de découvrir ce que l’on veut accomplir et de développer des compétences.

Durant sa mission, Cassandre a appris à développer des échanges de jeunes, animer des réunions, gérer la logistique, la comptabilité et la communication. Ce fut également l’occasion de se créer un réseau et sur un plan plus personnel de vaincre sa timidité.

A la fin de son service civique et décidée à rester sur Marseille, cette nouvelle sudiste a enchaîné 3 contrats aidés. Ce type de contrat ne pouvant plus être renouvelé, UTC cherche le moyen de créer un poste dédié à la gestion des volontaires.

Si cela n’aboutit pas, Cassandre a pour projet de créer une association artistique et culturelle avec son mari afin de développer des ateliers mobiles pour les enfants et les jeunes ainsi que des workshops à destination de jeunes artistes.

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Photo de Cassandre

Satisfaite de sa propre expérience, elle encourage les jeunes à tenter l’aventure du service civique. Le volontariat permet de réaliser des missions adaptées aux envies et aux besoins de chacun tout en leur laissant la liberté de soumettre leurs propres propositions… Cela offre également l’opportunité de suivre des formations financées (formation civique et citoyenne, premiers secours). De plus, cette expérience permet d’acquérir de nouvelles compétences sur plusieurs mois et de faire des rencontres.

Cependant, il est très important de se préparer à l’après volontariat, de se construire un projet professionnel et profiter du service civique pour le mettre en place et le poursuivre.

Bien qu’approuvant le Service Civique, Cassandre constate que dans le contexte économique et social actuel, il s’avère difficile d’être jeune, diplômé ou non. Ils sont nombreux à se retrouver en situation de précarité et il apparaît indispensable de mettre plus de dispositifs et d’aides pour améliorer les conditions d’accès à la vie active de ces jeunes.

Enfin, nous terminerons ce portrait par un conseil illuminé de l’intéressée :
« Ne pas mélanger les serviettes avec les cochons et pierre qui roule n’amasse pas charrette. »

Interview réalisée par Aurélie Diego

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Photo de Souleymane

Souleymane : entraîneur de football, volontaire à l’ACJS Pyat

Voilà 21 ans qu’il trace sa route à bonne foulées, et ça sur plus d’un terrain de jeu, Souleymane Cissé. Cette année (2012), en parallèle d’une L2 en mathématique-informatique à l’université de Marseille Saint-Charles, il effectue un service civique auprès d’Une Terre Culturelle. Mais ce n’est pas directement dans nos locaux qu’il donne de son énergie, non, c’est à l’ASCJ Félix Pyat, en tant qu’entraîneur de football.

Trois ou quatre jours par semaine, il dédie du temps à l’ASCJ Félix Pyat, c’est-à-dire l’Association Sportive et Culturelle de Jeunesse située à Félix Pyat, un quartier péricentral de Marseille lové entre celui d’Arenc et de la Belle-de-Mai. Le centre, principalement connu dans le landerneau pour ses activités footballistiques (et avec raison, vu les résultats du club et le nombre d’inscrits) poursuit néanmoins d’autres visées, et notamment celles d’animation et de densification du maillage social local.

C’est aussi là que nous avons pu faire la formation aux premiers secours en mars dernier !

Avec Sébastien Munoz, également volontaire à UTC et entraîneur, Souleymane s’occupe des jeunes footballeurs (de U11 à U15) et travaille sur plus d’une facette de la balle! Il planifie les entraînement, il les brief et les motive, les canalise…il les emmène et les guide aux tournois, il les assiste et les aide à épanouir leurs talents pour les épreuves de « repérage », ces jours où les gros poissons des grands clubs cherche le fretin prometteur. Une chance! De quoi taper du pied, mais avec bon pied bon œil.

Cette chance, Souleymane l’a tentée lui aussi, et d’un pays à l’autre. Né à Dakar en 1991, il se passionne très jeune pour le foot. D’abord il joue avec ses amis dans la rue, puis dans de petites écoles de foot où se réalisent pendant l’été des tournois interquartiers (tiens, tiens…!). Bien qu’inscrit avec sa sœur à des cours de judos -une idée de parents, vous voyez- il troque le tatami pour le terrain à leur insu, laissant à mlle bonne conscience le soin d’y aller pour deux, et bien sûr d’en revenir sans mot dire…
De ces amis des premiers temps, il garde contact, et cela d’autant plus qu’avec certains le parcours fut comparable: c’est avant tout le dilemme études-football, sérieux-passion, perspectives-risques. L’envie aussi de partir en France pour augmenter ses chances de reconnaissance. « A 15 ans! non, tu es trop jeune, il y a trop de tentations tu vas te perdre! » disent les parents. Alors c’est non, il ne part pas. Mais à 18, le bac scientifique en poche, il trace d’un trait vers l’hexagone pour les études – il faudra s’y tenir à carreau!- mais avec en tête le ballon rond.

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Photo de Souleymane

La France, dans quel but?

2009, fin de l’été, voilà Paris. Une tante qui y habite l’accueille. Paris, « trop jolie », une semaine de découverte. Puis vient la rentrée, et le départ pour Béthune, dans le Nord, où il entre en IUT Réseau et Télécommunication via le programme « Campus France ». Il y intègre également l’équipe de foot. Pourquoi Béthune direz-vous? Parce que non loin, il y a le club de Lens, et parce que si l’on s’entraîne assez dur, si l’on joue avec assez de talent, si l’on noue assez de contact, il y a comme qui dirait, des ouvertures…

A Béthune, il partage la turne avec un compatriote sénégalais, un copain de longue date. Ça aide à passer les coups durs, le changement d’athmosphère, le froid, le gris, la pluie, les maisons fermées à 17h et la bouche de l’enfant qui relaie, comme le regard des gens, « maman, t’as vu, c’est un noir ». Qu’il le veuille ou non, en ayant fait le choix de vivre à l’étranger, de sortir du lot, il faut assurer cette position de communication, assumer son accent, sa différence culturelle, la valoriser, ouvrir, éduquer. « J’avais la pétoche au début, j’hésitais à parler français, le wolof étant ma langue maternelle ». L’étape a été franchie cependant, et l’assurance d’une légitimité – être soi-même, et à juste titre- s’est ancrée.

La passion du foot demeure, elle concentre et relance les aspirations – « J’ai vu le terrain de foot, et j’ai tout oublié ». Version moderne d’Antée, ce géant mythique qui retrouve toute sa force dès qu’il touche la terre? Il y a de ça.

Le tiraillement entre foot et études gagne en tension cependant, et les résultats attendus ne sont pas exactement au rendez-vous. Malgré quelques succès (pris en CFA2 au premier essai et entrée au club d’Arras FA), Souley comme beaucoup, décide de passer la balle et de se consacrer à l’obtention d’un DUT, Diplôme Universitaire Technologique.

Cette décision responsable mais dure à prendre se voit peu après entérinée par un accident: match amical, fracture de la cheville, fin des espérances.

Volontairement Marseille

Voilà Marseille! Port d’attache et d’attachement, ville cosmopolite, l’OM bien sûr, et le soleil retrouvé. Le goût du foot entre-temps ne lui a pas passé, mais il doit être métamorphosé. Via internet, Souleymane découvre notre offre de mission service civique pour un entraîneur de foot. C’est entendu, il aime guider, entraîner, et question niveau, il a tous les atouts. Cette activité nouvelle lui permet de découvrir le coaching et de s’y épanouir.

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Photo de Souleymane

« Le coaching, je n’y avais jamais pensé comme projet, mais quand je suis arrivé sur le terrain, c’était comme si j’avais fait ça dix ans. Je vais continuer, c’est sûr. J’aime aider les jeunes à réussir dans leur vie, leur apprendre à faire un bon calcul, à progresser, et si possible, les faire devenir pro ».

Malgré un emploi du temps toujours chargé, son parcours s’harmonise peu à peu et relie ses points. Après la licence, une spécialité « probabilité et statistique » dans un département « économie et trading » est envisageable, avec en parallèle le diplôme d’entraîneur-coach senior. CQFD, une alchimie est possible.

Un parcours interculturel :

Il se dit casanier, c’est dur à penser. Un fils à maman? Peut-être un peu oui, ils s’appellent tous les jours. Mais déjà un parcours: Dakar-Béthune-Lille-Lens-Marseille…et par la suite « j’aimerai bien aller aux Etats-Unis ». Ah! il faut dire aussi que le répondeur du Mr Cissé est bilingue, français-anglais, prêt à accueillir les offres de tout bookmaker (!). Interculturel? Il commence a en avoir vu des réalités Souleymane, et il a des arguments de comparaison. Que ce soit la conduite des jeunes aux entraînements, « en France, ils t’insultent plus facilement » ou les pratiques sociales quotidiennes « au bled, on s’invite à manger de soi-même, pas besoin d’appeler avant de passer ». Il possède en lui la mémoire des villes fréquentées, la différence Nord-Sud, sans regard péjoratif pour les deux; et sa langue même s’est changée. Aura-t-il remarqué qu’il glisse parfois dans la conversation un « ou bien » qui détonne ch’nord? Trois ans maintenant qu’il vit en France, ni en touriste, ni en nonchalant, mais bien conscient des enjeux de son parcours, du lien qui l’unit à sa famille et des exigences qu’il se doit d’avoir pour elle.

Souleymane termine cet été son service civique auprès d’UTC et de l’ASCJ, nous ne manquerons pas de lui être reconnaissant pour son investissement, heureux de suivre son évolution, sûrs que les jeunes qu’il aura entraîné ne le laisseront pas de sitôt, et espérant sereinement que son expérience lui aura été profitable à long terme!

Interview réalisée par G. Tamalet

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Photo de Sébastien

Le foot comme un but, Sébastien Munoz, volontaire à UTC

En Service Civique auprès d’Une Terre Culturelle depuis le 1er Septembre 2011, Sébastien Munoz, 20 ans, partage ses heures de volontariat entre deux clubs de football des Bouches-du-Rhône: celui de l’ASCJ Félix Pyat, situé au nord de Marseille, à deux foulées du bassin d’Arenc ou quelques arrêts de métro du vieux port, et celui de l’Étoile Sportive Pennoise basé dans le ville de La-Penne-sur-Huveaune, tout à l’Est de la métropole. Le premier s’inscrit dans un quartier populaire de la périphérie centrale marseillaise tandis que le second plonge ses crampons dans un petite ville résidentielle.

Voilà donc deux clubs aux profils sociaux différents – qui cependant ne laissent pas de se rencontrer et de défendre leurs couleurs avec honneur sur le terrain – et un entraîneur volontaire qui jongle et passe de jours en jours entre diverses réalités marseillaises.

Pour s’engager dans un tel volontariat où ça dribble en terrain étendu, il ne fallait pas en être à son coup d’essai. De 6 à 19 ans, Sébastien s’entraîne au club de foot de La Penne, à 16 ans, il devient lui-même entraîneur au sein du club pour les plus jeunes, et de 18 à 20 ans, il le fait en tant que professionnel (CAE) avant de s’ouvrir comme volontaire à cet autre club qu’est Félix Pyat. Le football, c’est une passion, il y consacre tout son temps. L’esprit du club et cette discipline sportive ont été pour lui comme des tuteurs de croissance, un secours permanent dans les moments où l’on se cherche, où l’on pourrait partir trop vite à faire des conneries.

En parallèle des heures sur le terrain, les entraîneurs se faisaient alors grand-frères, des amis droits et disponibles avec lesquels il a intégré cette famille du foot, ce réseau convivial, ouvert et solidaire mais qui demeure souvent opaque aux non-avertis. Toutes ces qualités humaines que le foot réunit, il cherche à les perpétuer auprès des jeunes qu’il entraîne, et avec une détermination d’autant plus forte qu’il demeure pour lui quelques regrets dans son parcours : « Je ne les lâche pas les petits (…) pour moi, je n’ai pas été assez suivi. J’avais un gros potentiel, mais je n’en ai pas profité ».

On n’a pas trop envie de le plaindre pourtant, on pourrait même se dire en faisant le bilan qu’il n’a rien perdu, car même s’il n’a pas suivi le cursus d’un joueur professionnel, il n’a pas tourné en rond et n’est pas resté en touche dans cet univers du ballon. Aujourd’hui, il semble bel et bien que c’est une affaire qui roule: il ne lâche pas les petits, et à voir la frénésie vibratoire de son portable, les petits ne le lâchent pas non plus! Il avance peu à peu vers son objectif, devenir entraîneur pro’, et par le truchement du Service Civique et des structures d’accueil (UTC & les clubs de foot), une formation d’initiateur sportif niveau 1 lui a été financée.

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Photo de Sébastien

Tranquille, ambitieux avec raison et pragmatique, il a fondé par ailleurs, fin 2011, sa propre association: l’École des Gardiens de Buts Marseillaise (EGBM) voir article sur Foot13.fr.

Celle-ci constitue à Marseille la seule école où des gardiens peuvent se former régulièrement à leur spécialité, elle vient pallier un manque souvent constaté sur la scène du football marseillais. Actuellement, l’association totalise 3 entraîneurs, dont Sébastien, ainsi que 20 jeunes participants.

Et l’interculturel dans tout ça?!!

Pour Sébastien, les problématiques interculturelles ne l’importent pas tant que ça, le foot les dépasse et les fait s’oublier. Ce ne sont pas les différences qui importent lorsque l’on joue, mais bien plutôt ce qui relie, l’esprit d’équipe et la capacité de chacun à se faire des passes jusqu’au but final. Il relève bien que les conditions matérielles et les contextes familiaux entre les deux clubs où il entraîne ne sont pas les même, mais il ajoute assez vite que les gamins, finalement, il s’apparentent assez sur le terrain, et qu’il les apprécie tout autant. Si jamais on le sollicite en dehors de la pelouse, il écoute, constate, comprend, mais ne donne pas de conseils, sinon peut être quelques adresses. Il n’entre pas dans les problèmes, ce n’est pas là son rôle ni sa qualification. Ça, il le tient bien clair.

Le fait est quoiqu’il en soit que le foot fédère et qu’en dehors des entraînement, il n’est pas rare d’aller dîner de temps à autre chez les parents, de faire des sorties avec les enfants, de partager de bon weekends autour de tournois où tout ce réseau ne tire pas au flanc, sinon au but, à la tireuse à bière, en donnant par-ci par-là de la logistique et partout, si tout est au mieux dans le meilleur des mondes, de la convivialité. Et alors pour ça, là, ça suffit parfois d’être bien.

Interview réalisée par G. Tamalet

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photo de Mahfouzou

We love Mahfouzou !

Mahfouzou le héros de la Rouguière en service civique volontaire nous raconte son travail au centre social…

« Depuis janvier 2011, je suis en service civique au centre social de la Rouguière dans le 11ème arrondissement de Marseille. Situé entre les Caillols et la Valentine, la cité comporte environ 3500 habitants. Le centre tente de faire passer le besoin des habitants avant tout malgré un passé pénible (redressement judiciaire, gros problèmes de locaux). Il n’y a pas de structure à proprement dit, mais plutôt des petits bureaux éclatés aux quatre coins de la cité. Cependant, les 20 salariés, répartis dans les différents services, arrivent tant bien que mal à travailler dans ces conditions déplorables.

Moi, je suis donc affecté au secteur jeune (11-17 ans) et je m’occupe plus particulièrement des 11-13 ans avec lesquels je passe les mercredi après-midi ainsi que les vacances scolaires. Durant ces périodes, nous, animateurs, Nordine (poste B), Philippe (animateur jeune) et moi, essayons de mêler différentes sortes d’activités telles que des activités sportives qui peuvent aller du foot au hand en passant par le VTT ou l’escalade. Des activités dites de consommation, cela peut très bien être une séance de cinéma, une après-midi à la patinoire ou bien quelques parties de lazer game. Et des activités culturelles qui peuvent passer de la visite de lieux mythiques de Marseille à l’eveil artistique des jeunes par la peinture ou l’écriture.

Durant les périodes hors vacances, mes heures de travail se divisent en plusieurs temps, la recherche et la préparation des activités à venir (réservation, transports, etc…), les réunions UTC et les réunions au centre social ainsi que celles d’information pour les activités des vacances.  »

photo d'Aurelie
La princesse du volontariat

photo de Meriem
Une oranaise à Marseille

photo de Cassandre
De la frite à la bouillabaisse

photo de Souleymane
Entraîneur de foot à l’ACJS

photo de Sebastien
Le foot comme un but

photo de Mahfouzou
We love Mahfouzou !