Portraits de jeunes en SVE

Ici vous retrouverez tous les témoignages des jeunes en service volontaire européen.
Photo de Charlie

Entretien avec Charlie à Trasmulas

L’année dernière, Charlie est parti grâce au Service Volontaire Européen en Espagne. Il y a travaillé au sein de l’association « Intercultural Life », où il a — entre autres — proposé des ateliers de danse de zumba et fait les finitions d’une maison qui abrite un centre d’apprentissage. Découvrez son interview.

A ton arrivée en Espagne, la confrontation avec la langue espagnole n’était plus une imagination mais une réalité dans ton quotidien. Comment ça s’est passé ?

J’ai fait 5 années d’espagnol durant mes études. Pourtant après ces 5 ans, mon niveau était très faible. De mon point de vu, apprendre une langue sans être entouré de personnes la parlant est très difficile. Malgrè ça, je pense que ces leçons m’auront été utiles. En Espagne, tout ce que j’avais appris mais jamais pu utiliser et qui était enfoui loin dans mon cerveau a ressurgit.

Le premier mois de mon SVE, je parlais seulement anglais et quelques mots d’espagnol. Puis mon tuteur m’a « obligé » (et je lui en suis reconnaissant) à ne parler qu’espagnol. 6 mois plus tard je parlais la langue couramment.

Là où je vivais, apprendre l’espagnol était une nécessité. À part les intervenants de mon association, personne ne parlait Anglais. Bien que l’association travaille beaucoup au niveau Européen, mon travail se situait surtout au niveau local.

Les 2 premiers mois furent un peu difficiles puisque je ne pouvais qu’utiliser des expressions basiques et ne pouvais pas communiquer comme je l’aurais voulu. Mais c’est une étape obligatoire de l’apprentissage d’une langue.

Où est-ce que tu effectuais ton SVE et de quoi tu t’occupais dans ta structure ?

J’ai effectué mon SVE avec l’association Intercultural Life, en Espagne, Andalousie. Je vivais à Trasmulas, un village de 250 habitants, où est situé l’auberge rurale/centre d’apprentissage de l’association qui travaille tant au niveau international que local.

Ce que la structure fait : échanges de jeunes; Service Volontaire Européen, séminaires de formation aux méthodes et techniques de l’éducation interculturelle; assistance à la conception et à la réalisation de projets internationaux; préparation de groupes en vue de séjours à l’étranger.

Ce que j’ai fait : ateliers d’activités manuelles, de danse Zumba (en coopération avec 2 personnes de Trasmulas) et de soutien de français et d’anglais; finition de l’auberge rurale (peinture, construction de murs, vernissage, ébénisterie…); logistique et animations sportives durant les échanges internationaux; création vidéo et communication via les réseaux sociaux.

Comment Une Terre Culturelle t’a préparé à cette expérience à l’étranger ?

J’ai assisté à un meeting avec un intervenant d’UTC. J’ai appris tous les détails pratiques nécessaires au bon déroulement de mon SVE (assurance maladie, bourses, déplacements, argents…).

Si ça avait été possible, aurais-tu aimer prolonger ce SVE ? C’était une réelle opportunité pour trouver un emploi à l’étranger ? Serais-tu prêt(e) à travailler à l’étranger, en fait ?

J’aimerais, dans un futur proche, participer à une mission humanitaire à l’étranger, dans une ONG.

Suite à une formation sur l’éducation non-formelle (à laquelle j’ai participé durant mon SVE), j’ai rencontré des danois qui m’ont proposé de venir travailler dans leur collège, au nord de Copenhage. Je travaille ici comme professeur substitut de français et d’anglais.

Le SVE est une formidable opportunité pour trouver du travail à l’étranger (et même du travail en général, c’est un plus sur un CV). C’est l’occasion de rencontrer de nombreuses personnes travaillant dans different secteurs et donc de se créer un « réseau international ».

Une amie avec qui je travaillais a rejoint mon association suite à un SVE effectué 3 mois avant, dans une ville proche.

Qu’est-ce que tu aimais en Espagne ?

Les horaires sont différents en Espagne. Je commençais ma journée dans l’association à 9h30, jusqu’à 14h00. Une pause (« la siesta ») pour ensuite reprendre de 16h30 à 19h. Cela signifie manger à 14h/15h et 20h/21h le soir. Ce fut assez dur à s’habituer (surtout manger à 14h!) mais j’ai beaucoup apprécié ce changement.

J’ai visité plusieurs grandes villes (Sevilla, Cordoba, Madrid, Malaga, Granada…), elles sont très charmantes. Pourtant, ce que j’ai préféré sont les espaces naturels. Il y a une grande variété de paysages en Andalousie/Espagne : montagnes enneigées (Sierra Nevada), côte tropicale (Malaga), désert (Tabernas), côte méditerrannéenne (Alméria). Je recommande fortement le parc naturel de Cabo de Gata-Nijar, c’est magnifique et préservé!

Paysage de Turquie

Témoignage de Damien Narcy en Turquie

J’effectue un SVE de 6 mois dans une ferme écologique en Turquie, « Dedetepe ». Je suis passé par le biais de l’association « Une Terre Culturelle » pour préparer ce projet. La ferme est décrite comme étant entièrement écologique, végétarienne et en harmonie avec la nature l’entourant. L’été elle accueille des vacanciers turcs désireux de faire un break pour vivre quelques jours dans cet environnement propre au repos et a la réflexion. À partir de septembre, la ferme devient plus calme. Les principales activités sont la rénovation du lieu ainsi que la récolte des olives.

Je quitte donc ma vie plutôt urbaine pour apprendre de cette ferme. Mes attentes avant de partir étaient les suivantes : pouvoir décrocher du monde « technologique » dans lequel je vivais en France, me dépayser totalement en changeant mon mode de vie et bien sûr apprendre de la nature et de ses bienfaits, de la ferme et de ses activités et par conséquent de moi-même. J’attends de cette expérience un changement de point de vue vis-à-vis de mon quotidien ainsi qu’une meilleure compréhension de la nature et des animaux quoi m’entourent.

Avant de partir de France, je voyais ce lieu comme une ferme conviviale aux allures de club de vacances, ayant comme gérants des turcs parlant couramment anglais et ayant l’habitude d’accueillir des volontaires car la ferme se dit aussi ouverte aux personnes effectuant des woofing. J’espérais également un emploi du temps remplis d’expériences enrichissantes, m’enseignant l’art et la manière de vivre en autarcie dans une ferme.

Cela fait désormais deux mois que je suis volontaire à plein temps à la ferme. Je vis donc dans une belle et authentique cabane en bois au milieu de la nature. Le dépaysement que j’attendais est au rendez-vous. La télévision, le réfrigérateur, l’eau potable courante, l’électricité à volonté ne sont ici que lubies. Le travail est également comme il était décrit : intensif quelques fois, ou inexistant d’autres comme les jours de pluies. J’apprends à cultiver la terre, à m’occuper des animaux présents : poules, chiens, chats, cheval… j’apprends à vivre chaque jours un peu plus près de la nature et de ses bienfaits. Je n’ai pas à regretter ma vie en France car je n‘ai besoin de rien de plus ici. J’ai eu la surprise d’être accueillit par une famille franco turque, ce qui facilite donc la compréhension. Une famille turque vit également avec nous, et nous voyons sans arrêt de nouveaux volontaires, venant de pays différents.

Mon expérience continue, les jours passent vite et ne se ressemblent jamais. J’espère par la suite pouvoir être de plus en plus autonome, tout en restant activement présent à la ferme.

Projet soutenu par l’EACEA

Paysage de Turquie

Entretien avec Marion en Turquie

Pourquoi as-tu décidé de faire un SVE ? Pourquoi la Turquie ?

J’avais dans l’idée de faire un SVE depuis plusieurs années. L’année dernière, il était prévu que j’en fasse un à Ankara, mais malheureusement le projet a été approuvé avec 5 mois de retard et je n’ai pas eu le choix que de me retourner vers autre chose.

J’ai rencontré les partenaires d’UPEGEM à Marseille en février, lors d’un forum mobilité pour les jeunes organisé par UTC. J’étais alors en Service Civique dans une association similaire, c’est donc pour cela que j’étais présente. On a eu l’occasion d’échanger et comme j’avais quelques bases de turc, la Présidente de l’association m’a directement proposé de venir à Izmir!

La Turquie est devenue une évidence pour moi…car je suis mariée avec un turc, tout simplement! Je ne connaissais rien de la Turquie avant cette relation, je l’admets, mais après plusieurs allers-venues, j’ai voulu tenter une expérience sur le long-terme. Je suis ravie de finalement pouvoir effectuer ce SVE à Izmir, c’est une ville magnifique, suffisamment occidentalisée pour que je me sente pas perdue, mais avec tout ce que la cuture turque a de meilleur!

Pourrais-tu nous présenter l’association où tu effectues ton SVE, et quelles y sont tes missions ?

J’effectue mon SVE au sein de l’association UPEGEM, une association qui informe les jeunes des différents types de mobilité possibles avec le programme Erasmus+, qui organise des échanges de jeunes, mais aussi des chantiers.

Je n’ai pas de mission au sein de l’association elle-même, puisqu’elle n’est composée que de deux personnes qui se sont réparties les tâches et n’ont pas vraiment besoin d’un soutien. En revanche, elles ont crée pour moi des cours d’anglais au sein de l’association (que je donne plusieurs fois par semaine). En parallèle je suis aussi volontaire à TEGV, une fondation présente dans toute la Turquie qui propose des ateliers après l’école aux enfants de l’enseignement primaire et secondaires, pour leur permettre d’avoir un soutien dans des matières primordiales (mathématique, turc ..) mais aussi d’élargir leurs horizons (arts plastiques, musique…). J’y donne des cours de français et d’anglais avec des petits de 7 ans et c’est un vrai plaisir!

Rencontres-tu des difficultés ?

La toute première bien sûr: la langue! Cela fait 2 ans que j’apprends le turc, et même si maintenant je réussis à m’exprimer, à avoir des conversations à peu près intéressantes et à survivre dans un supermarché, parfois je sature de ne comprendre rien à ce que les turcs racontent entre eux. La grande ironie de l’histoire est qu’ils ont une belle expression pour décrire cet état : fransız kalmak (rester français), qu’on pourrait traduire par „j’ai rien compris, c’est du chinois pour moi“ !

Je suis quelquefois attristée par l’attitude de nombreux turcs envers moi lorsqu’ils découvrent que je suis étrangère (et ce n’est pas facile à cacher). Je paie quasiment tout ce que j’achète plus cher que le prix normal, on me demande régulièrement si je suis Russe (ce qui n’est pas forcément très bien connoté dans ce pays malheureusement) et bien sûr j’ai droit à la curiosité malsaine de certains hommes.

Penses tu renouveller cette expérience interculturelle par la suite dans un autre pays où continent ?

Il ne s’agit pas de ma première interculturelle (j’ai vécu en Allemagne avant, et il ne s’agit pas de mon premier voyage en Turquie), mais il est évident que je la renouvellerai!

Sur le long terme, j’espère pouvoir m’installer en Turquie (puisque je suis mariée à un turc, cela fait sens!), mais avant cela, je rêve de visiter le Maroc pour quelques semaines! Je ne pense en revanche pas que je repartirais pour plusieurs mois, car tout en appréciant découvrir un nouveau pays, culture, nouvelles personnes, je me rends compte que ce que j’apprécie le plus et de pouvoir établir de vraies et fortes relations sur le long terme. Et en 6 mois, c’est un petit peu court!

Quel est ton ressenti sur la société turque ?

Je pense que c’est une société qui avance à deux vitesses et c’est d’ailleurs ce qui a été démontré lors des dernières élections législatives (1er novembre 2015), avec le parti islamo-conservateur de l’AKP recevant 49,3% des votes. D’une part, une population très occidentalisée (dont les Smnyrniotes font partie), encline à voter pour les partis d’opposition (gauche, centre gauche), laïcs, fiers de la République Turque et fervent admirateurs que de son fondateur Atatürk. D’autre part, une population plus conservatrice et religieuse mais aussi plus nationaliste, que l’on retrouve dans l’Est du pays et dans le petites villes moins développées et moins ouvertes sur l’Europe.

Quel est ton regard sur la place de la femme en Turquie ? Comment le vis-tu là-bas en tant que femme, qui plus est occidentale ?

Comment je l’ai dit dans la question précédente, il n’y pas une Turquie ni une commune façon de penser. J’ai vécu l’année dernière à Ankara et j’y ai remarqué des comportements bien différents de ce que je vois ici à Izmir. Ici règne une certaine liberté, vestimentaire pour commencer mais aussi dans l’attitude des femmes. Elles se maquillent moins et ne portent que très peu de tissu l’été. A Ankara, cela serait totalement indécent et d’ailleurs inconcevable.

J’ai aussi observé un certain machisme chez les hommes. Je ne dirais pas chez tous, je n’en ferais pas une généralité, mais je pense qu’il s’agit d’une attitude propre aux pays méditerranéens. Les hommes se doivent de payer au restaurant, les hommes peuvent en venir aux mains si l’un daigne regarder la copine de l’autre etc… Venant de France, je ne comprends pas toujours ce qu’ils ont à prouver, mais j’apprécie d’être invitée à chaque fois que je vais au restaurant!

Je n’ai pas d’autres points de comparaison pour le moment car je n’ai pas encore eu la chance d’aller dans l’Est de la Turquie (et ce n’est pas le meilleur moment vu la situation politique régionale) et même si j’ai beaucoup partagé avec des citoyennes turques, je préfère ne raconter que ce que j’observe!

Projet soutenu par l’EACEA

Paysage de Marseille

Rendez-vous avec Bilal à UTC

Tu es Marocain, de quelle région plus exactement? Quel est ton parcours jusqu’ici ?

Oui je viens du Maroc et plus précisément de Tanger, la ville de détroit qui se situe au nord. Plus exactement à l’extrémité nord du pays, la ville est la principale porte du Maroc sur l’Europe, dont elle est séparée par les 14 kilomètres du détroit de Gibraltar.

Après mon Bac j’ai fait une fac de droit privée, j’ai par la suite obtenu un diplôme de Technicien Spécialisé (DTS) en Commerce International et j’ai travaillé pendant un an et demi chez un opérateur de communication (Meditel).

Comment as-tu connu UTC ? Comment l’idée de faire un SVE t’es venu à l’esprit ?

Principalement j’ai connu l’association Chifae depuis mes années lycée, j’étais volontaire et membre d’un club de jeunes qu’on a créé au sein de l’association et on a organisé pas mal d’activités en faveur des jeunes de quartier. Par la suite il y a eu des formations pour les volontaires de l’association en partenariat avec d’autres associations nationales et internationales, surtout des formations sur l’animation et l’environnement. J’ai donc gardé contact avec eux et c’est eux qui m’ont mené à UTC en me transmettant l’annonce de SVE et je me suis dit « pourquoi pas tenter une nouvelle expérience ». À présent mon SVE dure 1an, à Marseille.

Étais-tu déjà venu en France avant ça? Tu te retrouves à Marseille, une ville Méditerranéenne, métissée, comment t’es tu senti au début dans cet univers là ?

Non je n’étais encore jamais venu en France. Je m’étais déjà renseigné sur la ville et ses habitants. À mon arrivée, je ne me sentais pas très à l’aise à vrai dire. Puis j’ai commencé à m’habituer à cette vie et cette culture marseillaise. Il y a une belle diversité culturelle, il y a également pas mal de gens venant du Maghreb et c’est d’ailleurs ce qui m’a aidé à bien vite m’intégrer.

Explique moi ta mission. Par la suite, te verrais-tu rester en France ?

Il s’agit ici, pour ma part, de collaborer avec l’équipe UTC pour prendre part aux activités déjà programmées et menées par l’association ainsi que de travailler sur l’organisation d’échanges de jeunes, mais aussi travailler sur la communication à travers l’animation du réseau ‘MER’ en coopération avec d’autres volontaires et les organisations partenaires.
Non je ne compte pas rester. J’ai pour projet de retourner dans mon pays afin d’y apporter mes atouts prochainement acquis ici je l’espère. Transmettre cette expérience et pourquoi pas monter un projet avec l’association Chifae.

Il me semble que tu es arrivé au début du mois de mai. As-tu participé à la journée du 21 mai, journée mondiale de la diversité interculturelle? Qu’en retires-tu ?

Oui je suis arrivé le 3 Mai. C’est Amina (une autre volontaire) qui s’est occupée de l’organisation de la journée. La journée était tournée autour de la diversité culturelle avec des activités cinématographiques. Ce que j’en ai retenu? « Tolérer la diversité ainsi que la tolérance de l’autre ».

Du peu que tu as pu voir jusqu’ici, crois-tu que cette expérience t’apportera et te permettra de te faire évoluer pour la suite ?

C’est ce pourquoi je suis ici oui. Il y a pas mal de choses à améliorer là ou je vis. Tanger est une ville en plein développement et mon souhait serait de pouvoir apporter l’expérience que je suis en train de vivre ici dans mon pays. Je voudrais apprendre le maximum possible et vivre pleins d’échanges interculturels. Que je puisse revenir avec un plus et des atouts au Maroc qui seront à mes côtés. Et également parce que j’aurai approfondi mon français, donc ça ne peut qu’être positif pour moi, en effet oui.

Interviewé par Linda, volontaire en SVE à l’association Intercultural Life, Trasmulas, Espagne.

Photo de Linda

Linda, racontes-nous … ton expérience à Trasmulas

Quel est ton parcours jusqu’ici?

Après avoir obtenu mon bac Littéraire, j’ai été 2 ans de fac de droit. Là, j’ai choisit de m’arrêter en cours d’année pour faire ce SVE en Espagne dans le but de m’améliorer en espagnol et anglais si j’en ai l’occasion. Car je souhaiterai changer de filière pour commencer un BTS tourisme l’année prochaine et ce sont les langues principales dans ce domaine.

Comment as-tu connu UTC et pourquoi as tu choisi cette association pour faire ton SVE?

J’ai connu UTC à la fac en allant faire mon sport (ayant choisi cette option). Il y avait une journée exposition avec toutes les autres associations comme Eurocircle et pleins d’autres encore. Je connaissais déjà tous les autres grâce à mes recherches personnelles. Mais UTC je ne connaissait pas et il s’avère que c’était l’association qui prévoyait un départ pour Grenade. J’ai donc pris les coordonnées et fait le nécessaire.

Avais-tu d’autres motivations que de pouvoir t’améliorer en langue? Deux mois après ton départ, es-tu toujours satisfaite de ton choix de partir en SVE?

Oui, j’avais envie de partir loin pour un petit moment, histoire de me retrouver et d’oublier mon quotidien. Changer la routine quoi. Et, oui, je suis très satisfaite. Je ne regrette rien, je vis de merveilleuses choses ici et c’est pour moi une très bonne expérience.

Concrètement que fais tu là-bas ? Peux-tu me raconter ta nouvelle routine d’une semaine par exemple?

Pour l’instant je travaille tous les jours au siège de l’association, et les mardi et jeudi je donne des cours de danse aux enfants du village. D’autre part, bientôt le mercredi après-midi je m’occuperai des activités sportives.

J’ai aussi participé à une semaine d’échange interculturelle qui s’est déroulée ici a Trasmulas, j’avais pour rôle d’être au près des autres participants en me joignant aux activités et en traduisant également du mieux que je pouvais, l’espagnol en français et inversement.

J’ai adoré cette semaine car cela m’a permis de découvrir de nouvelles personnes, d’autres cultures, et des gens qui pouvais venir de la même ville que moi mais pas du même milieu. Cela m’a également rappelé ma formation d’arrivée concernant les SVE en Espagne. J’ai aussi pu participer au groupe « construction du radeau » et j’étais fière de le voir flotter à la fin de cette semaine.

En quoi consiste la formation des volontaires? Qu’est ce qu’elle t’a apportée?

La formation consiste à nous informer et à nous apprendre ce qu’est exactement un SVE, ce que c’est qu’un Erasmus+, et elle nous a aidé à avoir plus d’idée pour la suite. On a aussi eu un cours sur l’histoire et la culture espagnole.

L’association n’est pas à Grenade même, où est-ce exactement? Que fais l’association pour laquelle tu travailles? Quel est son nom?

Je vis à Trasmulas. En ce moment on est train de construire une auberge de jeunesse (la Chosa) qui accueille par exemple le projet Corps Beaux avec des jeunes de France Allemagne et Espagne. Et l’association s’appelle Intercultural life.

Projet soutenu par l’EACEA

Paysage du Maroc

Léa, volontaire au Maroc

Tu es française d’origine algérienne, de quelle région d’Algérie es-tu ? Parle un peu de cette double nationalité?

Je suis Algérienne du coté de ma mère. De Tizi Ouzou, en Grande Kabylie, plus exactement de Ait Sidi Amar, un petit village dans la montagne près de Bouzeguène. Le métissage peut être une source de richesse, car connaître une autre culture permet de « comparer » deux points de vue, et donc de prendre plus facilement du recul par rapport aux valeurs inculquées dans l’une ou dans l’autre. Mais finalement, pour résumer ma situation, je me sens surtout méditerranéenne.

Comment tu as connu UTC? Comment l’idée de faire un volontariat avec UTC t’es venue? Pourquoi UTC et pas une autre asso?

C’est mon père qui m’a transmis leur annonce pour le SVE. J’aurai 28 ans en juillet et je cherchais à faire un service volontaire pour partir et vivre une nouvelle expérience. Avec UTC, la procédure a été simple et rapide, et tout les frais ont été pris en charge.

Tu es en service volontaire à Tanger, au Maroc, un pays différent de là d’où tu viens, comment tu te vois dans cette différence? Comment tu te sens dans cet environnement arabe-musulman et traditionnel?

Les deux premières semaines n’ont pas été faciles, seule dans la rue je ne me sentais pas du tout à l’aise. Mais ce sentiment a vite disparu, en apprenant à connaître les lieux, et d’une certaine manière la population. Maintenant, je me sens presque chez moi, car dans biens des aspects ce n’est pas si différent de ce que j’aime de Marseille. Ce qui change, c’est par exemple, le fait que beaucoup de femmes n’osent pas aller dans un café de peur que cela nuise à leur réputation. De la même façon, beaucoup voilent leurs cheveux parce qu’il devient difficile de faire différemment des autres. Nulle part sur terre il n’est simple d’être soi-même, sans se soucier du pouvoir des autres. Mais ici, c’est ce qui m’a marqué le plus.

Est-ce que le fait d’être d’origine algérienne t’a aidé à t’intégrer, ou pas du tout ?

C’est plus précisément d’avoir grandi avec cette culture qui m’a aidé. Cela m’a permis d’avoir déjà quelques points communs avec la culture marocaine. Mieux comprendre les us et coutumes, connaître déjà quelques mots, savoir marchander, aller au Hammam, apprécier la musique traditionnelle,… Tout cela participe à faciliter la prise de contact avec les gens.

Décris ta mission au Maroc ? Qu’est-ce que tu fais avec l’association Chifae?

En tant que photographe, j’ai été principalement chargée de la communication de l’association Chifae. Cela signifie que je dois aider l’association à être plus visible, par ses partenaires, et son public. Avant toute chose, je dois donc agrandir le répertoire photographique de l’association, en faire ensuite des publications sur facebook, que je dois notamment revoir depuis le début. Nous prévoyons d’améliorer le site web et de faire des maquettes d’affiches, flyers… Mais aussi de former les salariés de l’association à la photographie. D’un autre coté, je commence à construire mes futures propositions d’activités, qui mûrissent justement en photographiant et en observant l’impact des activités de Chifae sur la population. Et enfin, comme chaque volontaire d’UTC, je participe à l’élaboration du réseau MER en jouant un rôle dans la communication interne et publique (blog, affiche…).

Ton travail à l’air très intéressant, n’est ce pas? Quel est le rôle de l’association Chifae exactement?

Oui, toutes ces rencontres sont très enrichissantes, et confirment jour après jour mon projet de participer à l’amélioration de la vie de ce quartier, et à la diffusion des bienfaits de cette association. En effet, Chifae vise, à travers un grand nombres d’actions, le développement du quartier Bir Chifae. Cela passe par des formations ayant pour but l’insertion professionnelle, et par des activités culturelles ou artistiques, mais aussi d’ordre écologique, et biens d’autres choses encore…

Est ce que tu crois que cette expérience te permettra d’évoluer? Est ce que tu apprends des choses?

J’ai encore beaucoup à apprendre des rapports humains, et je crois que d’être seule au Maroc est une excellente manière de progresser plus rapidement sur ce plan là, aussi sur la pédagogie. J’espère aussi pouvoir de mieux en mieux communiquer en arabe, et réussir à organiser des activités complémentaires pour les bénéficiaires de l’association.

Un dernier mot pour le public qui nous lit à travers notre blog?

J’essaye de tenir un blog photo pour raconter le quotidien de ce service volontaire à Tanger: si vous voulez y faire un tour: > C’est par ici

Interviewée par Amina Kara, volontaire à Marseille.

Photo de Charlie
Charlie à Trasmulas

Photo de montgolfières
Marion en Turquie

Photo de Linda
Linda à Trasmulas

Photo de Damien
Damien en Turquie

Photo de Bilal
Bilal
à UTC

Photo de Lea
Léa, volontaire au Maroc